Les installations électriques comptent certainement parmi les auxiliaires les
plus fidèles de notre vie quotidienne. Toutefois, si elles ne sont pas correctement
établies et maintenues, il peut en résulter des risques et dommages majeurs pour les
personnes et les biens. C'est pourquoi, compte tenu du danger potentiel lié à l'usage de
l'électricité, la législation
suisse en la matière est principalement axée sur la sécurité.
Historique du contrôle
De 1956 à 2001, les exploitants de réseaux ( Services Industriels) ont été chargés
du contrôle des installations qu'ils alimentaient. L'obligation qui leur était faite
comprenait l'examen des nouvelles installations et les contrôles périodiques à
effectuer tous les 1 - 5 - 10 ou 20 ans, en fonction du danger potentiel des
installations. Cette mission était, dans la plupart des cas, comprise dans le prix de
l'électricité. Depuis une dizaine d'années, les installateurs électriciens ont dû
participer à la sécurité en contrôlant eux-mêmes les travaux qu'ils venaient
d'effectuer. C'était un premier pas...

La nouvelle législation
Le 7 novembre 2001, le Conseil Fédéral a adopté une refonte de l'Ordonnance sur les
installations électriques à basse tension OIBT. Les changements sont importants, car il
s'agit en fait de la privatisation du contrôle.
Ce renversement des rôles est la volonté de plusieurs grands exploitants de réseaux.
En effet, en pleine psychose " libéralisation du marché ", certains ont remis
en cause l'obligation qui leur était faite d'assumer ce devoir de sécurité dont le
coût n'était pas négligeable, qui de plus était parfois mal perçu dans la population.
Il faut souligner que dans l'esprit du législateur, l'Office fédéral de l'énergie OFEN, il n'a jamais
été question de revenir sur le très bon niveau de sécurité atteint avec l'ancien
droit.
La nouvelle OIBT, ainsi que la"FAQ" répondant aux questions pointues, sont
consultables et téléchargeables ici.

Les propriétaires ou leurs gérants
Il est maintenant clairement défini que les propriétaires sont responsables de leurs
installations. Ceux-ci deviennent les interlocuteurs principaux sur le plan de la
sécurité. En cas d'accidents ou de litiges, ils pourront bien entendu se retourner
contre leurs électriciens, leurs contrôleurs, leurs gérants, voire leurs locataires.
Les propriétaires sont également responsables de faire contrôler et remettre en
état leurs installations à intervalles réguliers. Pour ce faire, ils seront avisés par
les exploitants de réseaux et devront s'adresser à des organismes de contrôle privés.
Dans les grandes lignes, l'habitation doit être vue tous les 20 ans, l'artisanat tous les
10 ans et les installations plus sensibles tous les 5 ans, voire tous les ans.
En outre, lorsqu'un bien immobilier se revend et que le dernier contrôle date de plus
de 5 ans, les installations doivent à nouveau être contrôlées afin d'éviter de
désagréables surprises à l'acquéreur. Les exploitants de réseaux sont à même de
donner la date du dernier contrôle.
Dans tous les cas, les résultats du contrôle sont consignés dans un rapport de sécurité qui est transmis au propriétaire et au
distributeur d'électricité.

L'inspection et les autorisations
L'Inspection Fédérale des Installations à Courant Fort - IFIC - exerce toujours la
haute surveillance de l'exercice du contrôle.
Nouveau : les autorisations pour installer et contrôler sont maintenant délivrées
par l'IFICF et sont valables dans tout le pays. Les conditions d'octroi reposent sur les
qualifications du personnel technique. Les formulaires de demande et les conditions
générales sont téléchargeables sur le site de l'IFICF, sous la rubrique
"inspections".
Les listes des autorisations
accordées pour installer ou contrôler sont publiques et consultables "on
line". Les autorisations sont retirées à ceux qui ne respectent pas les normes de
sécurité ou les dispositions légales.
L'inspection s'occupe également de la suite donnée aux recours et autres cas
litigieux. Ainsi, lorsqu'un propriétaire refuse de faire contrôler ses installations, le
dossier est transmis à l'IFICF après la procédure normale de rappels.

Les électriciens
Le devoir d'annonce subsiste. Les électriciens doivent donc toujours aviser les
exploitants de réseaux lorsqu'ils effectuent des modifications ou des nouvelles
installations. C'est logique car l'exploitant doit pouvoir gérer les augmentations de
puissance sur son réseau et les installations de comptage de l'énergie.
Sur le plan sécurité, les électriciens pourront contrôler les installations qu'ils
établissent, pour autant que celles-ci soient relativement courantes, à savoir de
périodicité "20 ans". Un dossier technique comprenant un rapport
de sécurité parachève la fin des travaux. Ce dossier doit être remis au propriétaire,
puis au distributeur d'électricité.
Lorsque les installations sont plus complexes ou établies dans un contexte plus
sensible (périodicité inférieure à 20 ans), le contrôle final des travaux doit être
confié à un organisme absolument indépendant. Ce type d'installation est bien entendu
aussi finalisé par un dossier technique accompagné d'un rapport
de sécurité

Les contrôleurs d'installations
Un nouveau marché s'ouvre pour les contrôleurs. Ils peuvent être indépendants ou
faire partie d'une entreprise organisée.
Comme on l'a vu, les autorisations sont délivrées par l'IFICF, et les listes sont
consultables ici.
Les types d'autorisation sont :
- pour les organes de contrôle indépendants - installations courantes
- pour les organismes d'inspection accrédités - installations spéciales
Les exploitants de réseaux qui veulent continuer à effectuer du contrôle peuvent le
faire, mais d'une manière complètement indépendante sur les plans juridiques et
financiers. Les tâches publiques et privées doivent être absolument séparées.
Tant pour les contrôles initiaux que périodiques, les contrôleurs ne doivent pas
avoir participé au projet ou à la réalisation des installations en cause.

Les exploitants de réseaux - Services Industriels
La tâche publique devient essentiellement administrative et consiste à :
- Gérer les avis d'installation car il est indispensable que le distributeur connaisse ce
qui se passe sur son réseau.
- Exploiter le registre informatique du contrôle, lequel comprend tout l'historique des
installations considérées.
- A intervalles réguliers, aviser les propriétaires qu'ils doivent faire contrôler
leurs installations.
- Suivre la procédure de rappels et au besoin transmettre les dossiers difficiles à
l'IFICF
- Vérifier et archiver les rapports de sécurité obtenus des
propriétaires ou de leurs mandataires.
Le personnel qui s'occupe de la gestion du contrôle doit rester qualifié, car il faut
pouvoir apprécier le bien-fondé des rapports de sécurité et, en cas de doute,
vérifier sur place l'application des normes de sécurité.
Il faut relever que pendant une période transitoire de 5 ans, les exploitants de
réseaux feront encore des contrôles à leurs charges, principalement dans les anciennes
installations.

Liens
Joindre Sicel / E. Strauss (auteur de cette page)
Pour toutes remarques ou précisions à ce sujet
E-mail : eric.strauss@urbanet.ch 1092
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